Octobre Rose : un projet qui grandit, de l’école à la communauté
Depuis 2024, les jeunes de l’ASCITECH International font évoluer leur campagne Octobre Rose. Après les affiches et les ateliers, ils ont porté cette année leur message au-delà des murs de l’école, jusque dans leur quartier.
Une affiche, une prise de parole au rassemblement scolaire, une rencontre avec des professionnels de la santé… et cette année, une marche à la rencontre des habitants. À Kinshasa, le projet Octobre Rose de l’ASCITECH International grandit avec les jeunes qui le font vivre.
Accompagnés par leur enseignant Jean Paul Mulumba, édupreneur de niveau 3, les jeunes de la section littéraire apprennent à communiquer, à réfléchir aux conséquences de leurs choix et à structurer une action collective qui répond à un enjeu réel.
2024. Choisir les bons mots et les bonnes images
Pour la première édition, les élèves préparent des affiches et des supports de sensibilisation, organisent un atelier et prennent la parole lors d’un rassemblement scolaire. La communauté est invitée à porter du rose en signe de solidarité.
La préparation des visuels soulève des questions qui vont bien au-delà de la création graphique. Comment parler d’un sujet de santé sensible à des adolescents? Comment choisir des images adaptées au contexte culturel et au public visé?
Jean Paul Mulumba initie alors les jeunes à la sémiologie de l’image : ils découvrent qu’un message ne repose pas seulement sur ce qu’une image représente, mais aussi sur ce qu’elle peut évoquer chez la personne qui la regarde.
Communiquer, c’est aussi prendre conscience de la manière dont son message sera reçu.
2025. S’entourer et mieux planifier
La deuxième édition apporte une nouvelle dimension au projet. Avec l’appui de la direction du secondaire, la clinique Saint-Sauveur de Kinshasa collabore à la tenue d’une conférence-atelier animée par des professionnels de la santé.
Les élèves ont ainsi l’occasion de poser leurs questions et de nourrir leur démarche de sensibilisation grâce à une expertise extérieure à l’école.
Leur enseignant les invite aussi à revenir sur la première édition. Avec une analyse FFOM, ils examinent leur expérience, repèrent les difficultés et envisagent des améliorations. Ils identifient notamment le besoin de planifier leurs activités plus méthodiquement.
Un modèle de plan d’activités, inspiré de l’expérience associative de Mokili Mwinda, les aide alors à préciser les tâches, les échéances, les résultats attendus et les personnes responsables. Ces outils de gestion deviennent des moyens concrets d’apprendre à mener un projet.


Photographies d’activités du projet, sans attribution à une année précise. Visages des jeunes floutés.
2026. Porter le message au-delà de l’école
La troisième édition a commencé le 23 octobre 2026, par une sensibilisation menée par les jeunes lors d’un rassemblement scolaire.
Les jeunes ont ensuite franchi une nouvelle étape : sortir de l’école pour aller vers leur communauté. Prévue le 28 octobre puis reportée en raison de la météo, leur marche de sensibilisation a eu lieu le 30 octobre 2026, dans le quartier Pigeon, commune de Ngaliema. Objectif : rejoindre directement les habitants et leur parler de la prévention du cancer du sein.
Pour clôturer le mois, le Gouvernement des élèves du campus de Ma Campagne a aussi mobilisé ses camarades autour d’activités ludiques, avec un message clair : le dépistage précoce peut sauver des vies.
Une démarche qui évolue avec les apprentissages
De la création d’affiches à la collaboration avec des professionnels, puis à une marche dans la communauté, Octobre Rose ne se répète pas à l’identique : les jeunes observent, expérimentent, évaluent et font évoluer leur projet.
Jean Paul Mulumba souhaite poursuivre cette progression en initiant les élèves au plan d’action opérationnel (PAO), un outil supplémentaire pour développer leur autonomie dans la conduite de projets communautaires.
À l’ASCITECH, cette campagne devient une manière d’apprendre à entreprendre de façon consciente : agir pour une cause, réfléchir à ses choix et contribuer à sa communauté.
Jean Paul Mulumba
Enseignant à l’ASCITECH International, à Kinshasa, et édupreneur de niveau 3. Il accompagne les élèves dans les différentes éditions de ce projet.
Article rédigé par IDÉE éducation entrepreneuriale à partir du récit transmis par Jean Paul Mulumba, de ses précisions des 27 et 30 octobre 2026, et des publications de l’ASCITECH International.

