06 Nov

De la cour d’école au conseil municipal : des jeunes prennent leur place à Saint-Jérôme

Projets de jeunes

Photo : Phoeby Laplante / Infos Laurentides. Voir le reportage d’origine ↗

Projets de jeunes · Saint-Jérôme

Le 22 avril 2026, au conseil municipal de Saint-Jérôme, quatre jeunes s’avancent au micro. Ils ont de 8 à 21 ans. Deux sont encore au primaire, en 2e et en 5e année. Les deux autres sont d’anciens élèves, aujourd’hui en 3e secondaire et à l’université. Dans la salle, une future élève de trois ans les accompagne.

Leur demande tient en une phrase : créer un comité jeunesse de Saint-Jérôme pour que les jeunes aient enfin voix au chapitre dans leur ville. Un mois plus tard, la Ville dit oui.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Les plus jeunes ne pourront pas siéger au comité dont ils ont soutenu la création. Et c’est peut-être là qu’ils ont le plus appris.

De 3 à 21 anstoute une jeunesse, une même demande

1 moisentre leur demande et l’annonce

1er comitéjeunesse de la Ville de Saint-Jérôme

Tout a commencé par une sortie en autobus

Au conseil d’élèves de l’école Sainte-Thérèse-de-l’Enfant-Jésus, les jeunes de 4e, 5e et 6e année préparent une activité. Pour s’y rendre, il faut prendre le transport en commun. Très vite, un constat s’impose : dans leur ville, l’organisation du transport n’est pas pensée pour eux. Et ce n’est pas le seul domaine où leurs besoins passent sous le radar.

Plutôt que de s’arrêter là, ils se posent une autre question : qui peut changer les choses?

Leur enseignante, Manon St-Hilaire, leur raconte que ses élèves sont déjà allés au conseil de ville par le passé, et que ces visites ont souvent porté fruit. La décision est prise : on y va, et on partage notre vision.

Une heure avant le micro, les grands entraînent les petits

Les deux plus vieux prennent en charge l’argumentaire et la rédaction. Le soir du conseil, les quatre se donnent rendez-vous une heure avant la période de questions pour répéter.

C’est là que quelque chose de beau se produit : l’entraide s’installe tout de suite. Les plus grands partagent leurs stratégies avec les plus jeunes, pour que chacun soit capable de bien porter le message.

Puis vient le moment de parler devant le maire et les élus.

« Nous ne sommes pas les citoyens de demain, nous sommes des citoyens de maintenant. »

Edgar, élève de 3e secondaire, devant le conseil municipal de Saint-Jérôme

Un mois plus tard, la Ville dit oui

Leur voix ne résonne pas dans le vide. Le même jour, des élèves de l’Académie Lafontaine ont formulé une demande semblable, et l’administration municipale réfléchissait déjà à la question. La parole des jeunes vient donner du poids et de l’élan au projet.

Au conseil de mai, l’annonce tombe : Saint-Jérôme aura son premier comité jeunesse, chapeauté par deux conseillères municipales. Pour Manon et ses élèves, c’est clair : mission accomplie.

Une victoire au goût doux-amer

Puis vient le bémol. Le comité est réservé aux jeunes de 12 à 17 ans. Les élèves du primaire, ceux-là mêmes qui ont pris le micro, ne pourront pas y siéger.

La déception est réelle. Manon prend le temps d’en parler avec eux. Elle leur explique qu’ils ont réussi, parce que ce comité répond aux besoins de la jeunesse et de toute la ville.

« Nous avons atteint notre objectif et fait une différence. »

Manon St-Hilaire

Même sans pouvoir y siéger, les élèves du primaire ont aidé à porter une demande qui répond aux besoins d’autres jeunes de leur ville.

Agir pour sa communauté, c’est parfois ouvrir une porte pour les autres.

D’une vision partagée à une réalité

Lors du congrès d’IDÉE, Manon avait confié son intention : voir naître un comité jeunesse à Saint-Jérôme. Le comité possède désormais sa page sur le site de la Ville, et les candidatures sont ouvertes.

La portée de cette expérience dépasse toutefois la création du comité. Les jeunes ont construit un argumentaire pour défendre une proposition réelle. Les plus âgés ont partagé leurs stratégies de communication avec les plus petits. Ensemble, ils ont pris la parole devant les élus pour contribuer à leur milieu.

C’est ça, l’éducation entrepreneuriale consciente : partir d’un besoin réel, oser une idée et la porter ensemble, jusqu’à transformer son milieu.

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